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Bureau organisé

BONNE LECTURE

L’écriture comme espace à soi

Photo du rédacteur: Collège Charlemagne
Collège Charlemagne
il y a 8 heures
5 min de lecture

Rencontre avec monsieur Caouette



Monsieur Caouette
M Caouette

Une histoire imaginée pendant l’enfance peut nous accompagner longtemps. Elle grandit avec nous, se transforme au fil des expériences et attend parfois des années avant de trouver sa place sur une page. Pour monsieur Caouette, enseignant de français au Collège Charlemagne, c’est justement le cas d’un projet qui l’habite depuis qu’il est tout jeune et auquel il donne aujourd’hui vie par l’écriture.


Derrière l’homme que l’on croise au quotidien se trouve un créateur qui aime inventer des univers, découvrir la culture d’ici et aller à la rencontre des autres. En nous parlant de sa passion, monsieur Caouette nous laisse entrevoir un espace plus personnel de sa vie, celui où l’imagination prend forme et où écrire devient une façon de s’accorder du temps.


Une passion présente bien avant de la nommer


Les premiers souvenirs d’écriture de monsieur Caouette remontent au primaire. Il se rappelle un conte de Noël intitulé Une aventure avec les lutins, mais aussi une pièce de théâtre qu’il avait tenté de monter avec des amis pendant les récréations. Déjà, les histoires dépassaient la page pour devenir quelque chose à partager.


Il lui faudra toutefois attendre le cégep pour prendre conscience de la place qu’occupe cette passion dans sa vie. Grâce à un conseiller d’orientation, il reconnaît un fil qui était là depuis longtemps : l’écriture fait partie de son parcours et mérite qu’il lui accorde de l’attention.


Ce chemin le mènera à un baccalauréat en écriture de scénario et création littéraire, puis à un certificat en journalisme. Aujourd’hui encore, ses envies de création prennent plusieurs formes. Le théâtre et le roman l’attirent particulièrement pour la liberté qu’ils offrent de construire des personnages et des univers. Il garde également le souhait d’écrire, un jour, une série télé ou un film.


« C’est surtout la création d’univers et de personnages qui me parle le plus. »

Aller vers les autres, une rencontre à la fois


Chez monsieur Caouette, la curiosité s’accompagne d’un engagement concret. Très impliqué auprès de la jeunesse, il est officier du Cadre des instructeurs de cadets et commandant de l’escadron 806 Optimiste Sainte-Thérèse. Il occupe aussi différentes fonctions d’instruction, notamment dans les centres d’entraînement des cadets durant l’été.


M. Caouette et Georges Laraque, ancien joueur du Canadien de Montréal.
M Caouette et Georges Laraque, ancien joueur du Canadien de Montréal.

Son intérêt pour les rencontres et la culture s’est également exprimé à travers un blogue consacré à l’art de la drag, qu’il a alimenté bénévolement pendant près de dix ans. Articles, échanges en direct sur Instagram, production de spectacles : ce projet lui a permis d’interviewer plus de 150 personnalités et de rédiger plus de 200 articles.


Né dans le cadre d’un cours, ce blogue demeure l’une de ses grandes fiertés. À l’époque, monsieur Caouette espérait devenir recherchiste en télévision. Si ce projet professionnel n’a pas abouti comme il le souhaitait, le blogue lui a offert un terrain pour explorer ce métier, contacter des personnalités, préparer des questions et organiser des entrevues.


L’écriture journalistique lui a aussi permis de renouer avec les mots après une période de blocage. En s’ouvrant à cette forme d’écriture, il a trouvé une autre manière de faire vivre sa passion, tout en créant des occasions de rencontres et de découvertes.


M. Caouette en compagnie de personnalités connut dans le domaine du drag.
M Caouette en compagnie de personnalités connut dans le domaine du drag.

Laisser les idées grandir avec soi


Lorsqu’il parle de son inspiration, monsieur Caouette évoque d’abord son imagination. Son projet actuel en est un bel exemple, présent depuis l’enfance, il a évolué avec lui, nourri peu à peu par son regard d’adulte.


Ses influences viennent aussi de la culture qu’il aime découvrir. Une sortie au théâtre, un concert, une œuvre qui retient son attention : il puise dans un ensemble d’expériences plutôt que chez un auteur ou dans un livre en particulier.


Pour accueillir les idées, il n’a ni rituel précis ni moment idéal. L’inspiration peut arriver au détour d’un instant tout simple, parfois même entre la porte de son appartement et la sortie de son immeuble. Il lui faut alors poursuivre sa marche et attendre le retour pour mettre son idée par écrit.


Cette spontanéité laisse une place à la découverte. À mesure que son projet avance, monsieur Caouette prend conscience de capacités qu’il ne se connaissait pas encore. Il les découvre en faisant, une page après l’autre, et trouve dans cette expérience quelque chose de profondément valorisant.


« Cela me permet actuellement de m’accorder du temps pour moi. »

Cette phrase donne une dimension intime à sa démarche. Au milieu de ses différents engagements, écrire lui offre un moment pour explorer ce qui l’habite et prendre plaisir à créer.


Le souci des mots, jusque dans la classe


Lorsqu’on lui demande comment sa passion se manifeste dans son enseignement, monsieur Caouette répond avec retenue. Il ne cherche pas à établir de grands liens ni à attribuer à l’écriture tout ce qu’il fait en classe. Le matériel pédagogique était déjà en place à son arrivée au Collège, précise-t-il.


Il reconnaît toutefois que son rapport à la langue se retrouve peut-être dans sa façon d’expliquer, varier les mots, reformuler une idée, trouver une autre manière de dire une même chose.


Dans cette réponse se dessine une attention discrète à la langue et à ses possibilités. Les mots permettent de créer un univers, mais aussi de rendre une idée plus accessible et de chercher la formulation qui aidera à comprendre.

 

Commencer pour soi


À un élève ou à un collègue qui aimerait écrire sans oser se lancer, monsieur Caouette propose un point de départ tout simple, le faire pour soi, sans objectif précis à atteindre.

Un journal, quelques fragments sans lien entre eux, la description d’un lieu inspirant peuvent suffire. Il n’est pas nécessaire de connaître la fin d’une histoire pour en écrire les premières lignes.


« L’important, c’est de se permettre d’écrire. »

Cette invitation rejoint ce que monsieur Caouette nous partage de son propre parcours: une passion découverte très tôt, parfois freinée, puis explorée autrement au fil des années. Une passion à laquelle il continue de faire une place, avec curiosité et avec le plaisir de découvrir ce qui peut encore naître sous sa plume.

M. Caouette et sa nièce, qui aura bientôt 16 ans. «Elle écrit elle aussi maintenant, alors ça m’inspire de la voir suivre le même chemin que moi.»
M Caouette et sa nièce, qui aura bientôt 16 ans. «Elle écrit elle aussi maintenant, alors ça m’inspire de la voir suivre le même chemin que moi.»

En refermant cette rencontre, on garde l’envie de prêter attention à ces idées qui nous accompagnent, parfois depuis longtemps. Un souvenir que l’on aimerait raconter, un personnage que l’on imagine, quelques mots que l’on n’a jamais pris le temps de déposer sur une page…


Et vous, qu’auriez-vous envie d’écrire si vous vous en donniez la permission?

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